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Le Dhikr après la Prière : Guide de la Pratique 33-33-34

Le Dhikr après la Prière : Guide de la Pratique 33-33-34

Points Clés

  • Réciter le dhikr 33-33-34 après chaque prière obligatoire est une sunnah prophétique
  • Cette pratique est rapportée dans Sahih Muslim et prend moins de deux minutes
  • La pratiquer régulièrement efface les péchés même s'ils sont comme l'écume de la mer
  • Compter avec un chapelet ou les doigts favorise la présence et la concentration

Le Dhikr après la Prière : Guide de la Pratique 33-33-34

Après le salam final de la prière, il existe une pratique prophétique que beaucoup de musulmans connaissent mais bâclent. La connaissance en est répandue — on l'a entendue dans les mosquées, lue dans les livres de fiqh — pourtant, dans la précipitation du quotidien, on se lève presque aussitôt après avoir prononcé le double salam et l'on reprend sa journée. Ce moment qui suit la prière, suspendu entre le sacré et l'ordinaire, mérite pourtant qu'on s'y arrête. Il ne s'agit que de deux minutes.

Cette pratique n'a pas été transmise à titre accessoire. Elle figure dans les recueils de hadiths les plus authentiques, rapportée par plusieurs compagnons du Prophète ﷺ, et elle se compose de trois formules que les musulmans du monde entier prononcent chaque jour sans toujours en mesurer la portée. Comprendre ce qu'elles signifient, comment les effectuer et pourquoi elles comptent transforme une habitude mécanique en un acte d'adoration conscient.

Ô vous qui croyez, invoquez Allah fréquemment et glorifiez-Le matin et soir.

Sourate Al-Ahzab 33:41-42

D'après Abu Hurairah et Ka'b ibn Ujrah (qu'Allah soit satisfait d'eux), le Prophète ﷺ a dit :

« Quiconque glorifie Allah (SubhanAllah) après chaque prière trente-trois fois, Le loue (Alhamdulillah) trente-trois fois, et Le magnifie (Allahu Akbar) trente-trois fois — puis pour compléter cent dit : Lâ ilâha illallâhu wahdahu lâ charîka lahu, lahul mulku walahul hamdu wahuwa alâ kulli chay'in qadîr — ses péchés lui seront pardonnés, même s'ils étaient comme l'écume de la mer. »

Sahih Muslim 596 & 597

Comment effectuer ce dhikr

La séquence est simple et immuable. Après avoir prononcé le salam à droite puis à gauche, on reste assis sur le tapis de prière et l'on commence :

SubhanAllah (سبحان الله) — 33 fois

SubhanAllah signifie que l'on proclame Allah exempt de toute imperfection, de toute insuffisance, de tout ce qui serait indigne de Sa majesté. La racine arabe sabbaha exprime l'idée de tanzih — établir une distance absolue entre Allah et tout attribut de créature. Après avoir accompli une prière dans laquelle chaque inclinaison, chaque prosternation affirmait cette transcendance, répéter SubhanAllah trente-trois fois prolonge et ancre cette conviction dans le cœur.

Alhamdulillah (الحمد لله) — 33 fois

Si SubhanAllah énonce ce qu'Allah n'est pas, Alhamdulillah proclame ce qu'Il est. Toute louange, toute gratitude, toute reconnaissance — elles appartiennent à Allah dans leur intégralité. La Sourate Al-Fatiha, que l'on récite dans chaque rak'a, s'ouvre avec cette formule précisément parce qu'elle constitue l'expression de gratitude la plus complète que la langue humaine puisse articuler. La répéter après la prière, c'est prolonger l'état intérieur de la prière elle-même.

Allahu Akbar (الله أكبر) — 34 fois

Allahu Akbar est traduit souvent par « Allah est Grand », mais le comparatif akbar contient davantage : Allah est plus grand que tout ce que l'esprit peut imaginer, plus grand que toute comparaison. La prière s'ouvre avec cette formule — la takbiratul ihram — et la séquence de dhikr se clôt avec elle. C'est un encadrement qui rappelle que l'acte d'adoration tout entier est contenu dans cette affirmation unique.

La formule de clôture — compléter les cent

33 + 33 + 34 = 100. Après les trois formules, on récite une fois :

Lâ ilâha illallâhu wahdahu lâ charîka lahu, lahul mulku walahul hamdu wahuwa alâ kulli chay'in qadîr

Cette phrase unique condense le témoignage de foi islamique dans sa forme la plus complète : il n'y a de divinité qu'Allah, seul, sans associé, à qui appartient toute souveraineté, toute louange, et qui est Omnipotent sur toute chose.

Compter sur les phalanges ou avec un chapelet

Le Prophète ﷺ et ses compagnons comptaient sur les doigts de la main droite — un hadith de Yusayra bint Yāsir (rapporté par Abū Dāwūd et al-Tirmidhī, qui l'a qualifié de bon) mentionne explicitement le décompte sur les phalanges, le Prophète ﷺ disant aux femmes : « Comptez avec les phalanges, car elles seront interrogées et appelées à parler. » Les savants ont par ailleurs souligné que ce trio — tasbih, tahmid et takbir — couvre des dimensions complémentaires de la glorification : SubhanAllah affirme qu'Allah est exempt de toute imperfection, Alhamdulillah que toute louange Lui revient, et Allahu Akbar qu'Il dépasse toute comparaison. Compter avec un chapelet est également licite — les savants l'acceptent comme moyen valide qui ne contredit pas la sunnah.

Ne comptez pas mentalement — l'esprit occupé à compter n'est plus disponible pour le sens. Un chapelet ou le comptage sur les doigts libère le cœur pour se concentrer sur chaque formule. Compter sur les doigts est d'ailleurs une méthode authentiquement prophétique.

Pourquoi cette pratique est-elle importante

Le pardon des péchés — une promesse explicite

La promesse contenue dans ce hadith est saisissante : les péchés effacés seraient « comme l'écume de la mer ». L'image choisie — l'écume, innombrable, fugace — signale délibérément une quantité impossible à dénombrer. Les savants précisent généralement que cette promesse concerne les péchés mineurs, mais la portée du texte reste remarquable, et elle témoigne de la générosité divine envers celui qui persévère dans ce dhikr après chaque prière.

La transition consciente — le cœur qui reste lié

La prière crée un état intérieur particulier : le recueillement, la présence devant Allah, la conscience aiguë de ce que l'on fait et devant qui l'on se tient. Quand le salam est prononcé, cet état commence à se dissoudre. Si l'on se lève immédiatement, la transition est abrupte — le cœur est arraché à cet espace de présence et jeté dans l'agitation ordinaire. Le dhikr des 33-33-34 ralentit ce passage. Il maintient le lien quelques instants de plus, laissant le cœur s'habituer progressivement au retour dans le monde.

La régularité vaut mieux que la quantité

Le Prophète ﷺ a dit : « L'œuvre la plus aimée d'Allah est celle faite régulièrement, même si elle est modeste. » Cette pratique accompagne cinq prières quotidiennes. Cinq occasions, sans condition supplémentaire : pas de préparation, pas de lieu spécial, pas de temps à planifier. Si l'on maintient ce dhikr après chaque salat pendant un an, les formules récitées se comptent par dizaines de milliers — issues d'une seule habitude préservée avec constance.

Aucune préparation nécessaire

Beaucoup d'actes d'adoration demandent des conditions particulières. Ce dhikr n'en ajoute aucune : on est déjà en état de pureté rituelle, déjà tourné vers la qibla, déjà dans le meilleur état de cœur possible. Il suffit de ne pas se lever. Deux minutes supplémentaires sur le tapis de prière — c'est tout ce que demande cette sunnah.

Suivez votre dhikr quotidien avec Tuba

Connaître cette sunnah est un point de départ. La maintenir après chaque prière, sans l'oublier après le Dhuhr dans la précipitation du midi ni après l'Isha quand la fatigue l'emporte — c'est là le vrai défi. L'application Tuba vous accompagne dans ce suivi quotidien : enregistrez vos dhikrs, observez votre régularité sur la durée et gardez votre attention sur le sens de chaque formule plutôt que sur le simple fait de cocher une case.

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